▶️ Comment faire parler de soi en mêlant K-pop et porno japonais

JAV ! Maintenant que j’ai votre attention…
  • Ce qu’il faut savoir. Si vous connaissez les Six Bomb, ce n’est sans doute pas grâce à leurs compositions. En mars 2017, les quatre membres de ce groupe de K-pop féminin ont fait parler d’elles jusque dans les pages du journal Le Monde en mettant en scène leur passage sous le bistouri. Un coup de com’ ? Pas seulement, ou alors un coup de com’ à 100 millions de wons, prix des opérations de chirurgie esthétique qu’elles ont subies selon les dires de leur manager. Pour qu’on voit tout de suite ce qui avait changé chez elles, les Six Bomb ont tourné deux clips, l’un avant, l’autre après (ce paragraphe). Finies les suppositions sur quelle fille de tel groupe s’est fait refaire le nez ou la poitrine, cette fois, les choses étaient claires. Et en avant pour les reprises presse dans Le Monde entier. Le pire, c’est que ce n’était même pas la première fois que le groupe se faisait remarquer. Un mois plus tôt, elles avaient marqué les esprits en enfilant des combinaisons roses moulantes pour le clip du morceau Wait 10 years baby, le déguisement dit du « boyau de saucisse » selon les fans. La classe.

  • La chanson. Aujourd’hui, près d’un an et demi plus tard, qui parle encore des Six Bomb ? Pas grand monde. Pour remédier à cela, un nouveau concept s’imposait. Remodeler le physique des filles ? Check. Porter des tenues bizarres ? Check aussi. Alors, que faire ? Une parodie ? Pourquoi pas, mais quoi faire qui soit à la fois inédit, osé et drôle ? Détourner les codes de la pornographie japonaise, pardi ! Dans un pays où le X explicite est interdit (au cas où vous ne le saviez pas), ça pourrait faire parler. Ainsi est né Hiccup Hiccup. Le single numérique et le clip sont sortis le 31 juillet. Encore une fois, on se souviendra plus du second que du premier, mais cette fois, c’est plutôt mérité. J’ose le dire : ce clip est très amusant. Tout ce qui fait que les JAV, pour Japanese Adult Videos, sont reconnaissables en un coup d’oeil est dans cette vidéo. La pixellisation pour censurer tout et n’importe quoi. Les chambres d’hôtel impersonnelles. Les hommes anonymes et interchangeables. L’éclairage immonde. Les plans caméra à l’épaule. Les déguisements fétichistes. Les couvertures de DVDs – certes moins licencieuses que les vraies. Et le plus drôle, le détail qui prouve qu’il y a des connaisseurs dans l’équipe : l’adresse du site chinois qui a piraté le film, salement collée sur l’image et jaune comme un sous-titre Arte. Alors, oui, des internautes estiment que la chanson ressemble de trop près à Pound the Alarm de Nicki Minaj. Ils ont sans doute raison, le budget compositeurs étant probablement dans les poches d’une clinique coréenne. D’un coup, je comprends mieux le choix thématique de ce dernier clip, car parodier les JAV doit être aussi cheap qu’en faire. Railleries mises à part, il fallait oser, les Six Bomb l’ont (bien) fait. A dans six mois pour le prochain concept, même si j’ai peur de les encourager à passer de l’autre côté en disant ça.